lundi 7 octobre 2013

Cardinaux



copyright Variations photographiques
Le train à grande vitesse file vers l'ouest, pressé d'atteindre l'océan.
Je croise une couche de nuages épars qui filent en sens inverse, vers l'est, absorbés par le sérieux de leur tâche - masquer le ciel trop bleu et préserver le vert éclatant des premières pousses des rayons toxiques du soleil.
Je regarde ces terres qui défilent, et je ressens profondément à quel point je suis chez moi. A quel point la terre de ce pays est mienne et fait partie de moi, la force titanesque qui me relie à ce sol.

Un cèdre noir étale ses couches dissemblables au dessus de ma tête.

Le train à grande vitesse file vers le nord.
La terre nue se pare d'épis. Au creux de ce vallon, si vallon l'on peut nommer ce vague creux dans cette platitude, un fond de brouillard s'accroche, déposé là au petit matin comme offrande au soleil et dédaigné par celui-ci.

Le train à grande vitesse file vers le sud-est.
Sur le quai de la gare de province, il y a bien vingt centimètres de neige vierge. Les pieds me démangent d'y sauter.

 Le train à grande vitesse file vers le sud-ouest.

Le train file.
A grande vitesse.

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