vendredi 15 avril 2011

Ici-bas

J’aime être ici.

Ici, je peux croiser une poule faisane qui niche au fond du jardin.

Ici, en ballade, je débusque une biche dans le petit bois, et j’aperçois la tâche furtive et blanche de son cul lorsqu’elle détale brusquement, affolée.

Ici, j’observe au dessus de champs le vol de missile, déterminé et fusant, des canards qui cherchent un étang.

Je reprends ma démarche souple de braconnier, sans bruit, j’observe.

Mon instinct animal se réveille, je débusque les œufs cachés sous les herbes, je devine les mouvements secrets dans les feuilles, j’interprète les craquements des branchages et les cris d’alarme des oiseaux. Je respire l'odeur des arbres en fleur et je m'émerveille de cette beauté toujours renouvelée.

Je réapprends à écouter le silence.

Tout ça, quand les quatre enfants présents ne hurlent pas, ne se disputent pas, ne rient pas à gorge déployée, n’ont ni faim, ni soif, ni envie de jouer au ballon, de mettre leurs chaussures, de faire caca, de faire un feu, de construire un bateau sur la rivière, de payer la boulangère avec les billets du Monopoly volés dans le grenier.

Un jour, il faudra que je vienne seule, ici.

6 commentaires:

annick a dit…

ou alors tu les perds dans la forêt ;-)

Anonyme a dit…

bien sûr, ils ne dorment jamais ces empêcheurs de tourner en rond, je parie?!
comment vérifier que ce qui suit est de Mozart aussi...?
pl-u-me

Eric a dit…

"Un jour, il faudra que je vienne seule, ici." Ou avec Monsieur peut-être, non ? D'ailleurs que pense-t-il de ton instinct animal qui se réveille ?

ASTRIDM a dit…

Et bientôt on ajoutera un peu de nous, un peu de cris, un peu de rire, un peu de j'ai envie de faire pipiiiii, à tout ce joli brouhaha :D

bbflo a dit…

j'avoue que lorsque les enfants étaient petits, ça me pesait parfois de ne quasiment jamais avoir de vrai silence.

Valérie a dit…

@annick: et je vide leurs poches des petits cailloux, au préalable

@plume: ah... le silence...

@eric: Mon mari m'ayant lâchement abandonnée cette semaine et la suivante, sous un prétexte totalement futile (genre faut que je bosse et en plus j'avancerai les travaux), je boude :D :D et il n'a donc rien à dire de mon instinct animal (tant pis pour lui)

@Astridm: On sera trop calmes la semaine prochaine de toutes façons, vu que 2 schtroumpfs partent demain, il n'en restera que 2. Presque trop facile.

@bbflo: ça laisse entendre que ces moments reviennent... Il y a de l'espoir!

@annick:

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