mardi 22 mai 2012

Les bonnes raisons d’avoir des enfants (part 1)

Mes chers petits clous,

Ce billet inaugure une nouvelle série portant sur les bonnes raisons d’avoir des enfants.
Parce qu’il y en a. Aussi.

Je remercie d’ailleurs mes partenaires, j'ai nommé Ikea, les crocos rouges Haribo et Nintendo.

Et voici donc la première bonne raison d'avoir des enfants:

Laisser répondre ses enfants aux démarcheurs par téléphone. 

 Ce sont de petits moments comme ceux là qui font tout le sel de la vie.

Exemple :

Un soir de semaine, 19h58, je suis dans la cuisine en train de découper des légumes, faire cramer des oignons, réfléchir à la prochaine lessive que je dois lancer ce soir en fonction de ce qu'il reste dans l'armoire des schtroumpfs,  penser qu'il faut qu'on remplisse la déclaration d'impôts, vérifier les devoirs de Grand Schtroumpf.

Dring, dring, réclame le téléphone dans le salon.

Petit schtroumpf passe immédiatement en mode tête chercheuse, plus excité qu'un acarien au salon de la moquette. J'entends la cavalcade des schtroumpfs qui se disputent le combiné « c’est moi » « non, c’est moi » « maman !!! Il veut pas me laisser le téléphone », quelques bruits de coups sourds puis des grognements sonores et des reniflements itou de grand schtroumpf:

-  Maman !!!!!!!!!!! il m’a :
  • tapé
  • pincé
  • mordu
  • fait mal
 (au choix)

Petit Schtroumpf, pendant ce temps là, se colle le téléphone à l’oreille, met le haut parleur et ne dit rien.

Le démarcheur (très pro) : - Bonjour !

Pas de réponse.

Le démarcheur (très pro) : - Bonjour !

- Allooooooooo ?

Le démarcheur (très pro, mais moins assuré) : - oui bonjour, tu peux me passer ta maman ou ton papa s’il te plait ?

- c’est qui ?

Le démarcheur (toujours pro) : - tu peux me passer ta maman ou ton papa s’il te plait ?

- c’est qui ?

Le démarcheur (pro avec une pointe d'impatience dans la voix) : - Je voudrais parler à ton papa ou à ta maman, tu peux me les passer ?

- mon papa il est pas là.

- Et ta maman, elle est là ?

- oui

- ...

 - ...

Le démarcheur (pro, mais moins quand même) : - Et... tu peux me la passer ?

- Non elle peut pas elle fait caca.

- ...

- Tu sais, ma maitresse elle s’appelle Marie et Manivelle.

Le démarcheur, résigné : - C’est un joli nom. Tu me passes ta maman ?

- Ma maman elle fait la cuisine. Elle fait des pâtes. Et toi, tu fais quoi ?

Le démarcheur, prêt à craquer : - Je téléphone. S’il te plait, va chercher ta maman...

- Mamannnnnnnnnn ? Mamannnnnnnnnnnn ? C’est pour toi !

Moi, un peu sadique : - c’est qui ?

Le schtroumpf, bien fort dans l’appareil : - c’est qui ??????????

Le démarcheur, qui a jeté l’éponge, est en train de devenir fou et de manger son chapeau : - C’est important.

J’ai pitié. Je prends le téléphone:

- Allo?

Le démarcheur, dont le soulagement est audible : - Bonjour Madame, dans le cadre de la campagne Bleu Ciel d’EDF nous prenons gratuitement rendez-vous dans votre commune cette semaine pour évaluer l’isolation de votre maison et les économies que vous pourriez réaliser. Nous avons des disponibilités jeudi dans la journée et vendredi matin, quelle date préférez-vous ?

Moi (un peu sadique, je porte le coup de grâce): - Vous dites ? La campagne Bleu Ciel cette semaine dans ma commune ? Non mais en fait c’est de la publicité mensongère votre truc, vu qu’ il pleut depuis lundi. Et en plus, jeudi je dois brosser ma tortue, et vendredi, j’ai piscine. Bonne soirée monsieur.

Et je raccroche.

Maintenant, j’aime bien les démarchages au téléphone.

mardi 15 mai 2012

La mort expliquée aux enfants

Hello les petits clous !

J’ai beau être une mère moyenne dans certains domaines, genre (en vrac) apprendre à faire du vélo, jouer au football, m’intéresser aux tournois de beyblade, organiser des goûters d’anniversaire avec location de poneys (c’est qu’on peut pas tout faire, ma bonne dame), j’essaie de répondre aux questions des enfants, même les plus dérangeantes, de la manière la plus honnête possible. I know, I’m a goddess.

Et ceci, même lorsqu’à deux ans ( !), Schtroumpf Curieux alias number one commença à nous demander ce qu’était la mort.

A l’époque, je pensais lui avoir fait une réponse modèle à tout point de vue, genre 19/20 en diplôme de psychologie parentale, tout ça.

- Maman, il y a quoi après la mort ?
- Après la mort… euh… et bien, je ne sais pas. En fait, personne ne sait vraiment. Mais certains croient qu’on laisse son corps sur terre parce qu’on n’en a plus besoin, et que l’esprit monte au ciel. D’autres personnes pensent qu’on se réincarne, ça veut dire qu’on revient sur terre sous la forme d’un bébé qui vient de naitre, ou d’un animal. Certains pensent qu’il n’y a rien, qu’après la mort c’est fini. Qu’est-ce que tu crois, toi ?

Genre, il allait lâcher l’affaire aussi facilement.

A priori, 5 ans après, il est toujours obsédé par la chose. On a eu droit à des questions régulières, alternant avec des phases de mutisme sur le sujet, mais il faut se méfier de l’eau qui dort (et aussi, en vrac, des amis qui vous veulent du bien, des messages annonçant que vous avez gagné 4 millions de dollars zimbabwéens, et des seaux d’eau en équilibre instable sur les portes mais ça n’a rien à voir).

Pas plus tard qu’hier, j’ai eu droit à une crise à table, entre deux bouchées d’œuf à la coque (sans aucun rapport du tout du tout avec le fait que son père soit parti seul deux semaines en vacances loin et au soleil) (du tout) (pure coïncidence) (pas l’œuf à la coque, la crise) (quoique) (quoi, digression ?).

Allez, juste pour vous, une petite mise en situation :

Les Personnages : 

SC = Schtroumpf curieux, c'est-à-dire Number One, enfant de 7 ans de sexe masculin, fils de MM, frère de SG

MM = moi-même, maman et femme particulièrement dynamique, polyvalente, drôle, intéressante, tendre, avec un mélange rare d’autorité naturelle et de charme

PVI = petite voix intérieure de MM, personnage au caractère bien trempé et n’ayant pas sa langue, ni ses yeux, dans sa poche

SG = Schtroumpf Gourmand, alias Number Two, enfant de trois ans de sexe masculin, frère de SC et fils de MM

ACTE I.  Scène 1. 

Une maison de banlieue parisienne, une belle soirée ensoleillée de mai, lors du repas du soir. Le père est absent, SC, SG et MM sont réunis autour de la table familiale pour partager un repas préparé avec amour à partir de produits bio et éco-responsables, la salle à manger ouvre sur le jardin dans lequel deux cerisiers portent des fruits qui commencent à rosir. Les martinets fouaillent l’air de leurs cris perçants, et les marguerites forment des ilots de blancheur dans l’herbe qui s’assombrit avec le jour qui tombe.

SC se met à pleurer à grosses larmes de crocodiles qui roulent sur ses joues et tachent lentement le bois de la table.

PVI : Faudrait vraiment qu’on la vernisse, cette table, ça va finir par marquer, à la longue.

SC : C’est trop nul, la wii.

MM (indignée): Comment ça c’est trop nul la wii ? Si t’es pas content t’en feras plus, après tout c’est la mienne !

SC (plus fort, entre deux reniflements): Non, pas la wii, c’est trop nul, l’AVI !

MM (rassurée): Oh ben non, tu peux pas dire ça, OK, on peut y associer que deux pistes audio mais quand même on peut le lire quasiment sur n’importe quel OS...

SC (plus fort): LA VIE !! C’est trop nul, LA VIE !!

PVI : Tu es une mère indigne. Ton fils est en dépression profonde, très certainement par ta faute. Note pour tout de suite : trouver un bon pédopsychiatre dans le coin. Et en plus, tu fais des blagues pourries.

MM (emmerdée): Ah. La VIE. Bien sûr. Damned. Et euh, mais, pourquoi c’est quoi donc ?

SC (en pleurant): La vie, c’est trop nul parce qu’il faut mouriiiiiiiiiiiiir.

MM (TRES emmerdée): Ah ouii. Ca.

PVI : Note pour tout de suite : Oublie le pédopsychiatre. Par contre, 7 ans, ce ne serait pas un peu jeune pour cogiter à des trucs comme ça ? Toi, tes première crises d’angoisse sur la mort tu les as eues à 28 ans, et encore t’étais enceinte, t’avais une excuse, presque. Tu l’aurais pas un peu traumatisé avec tes histoires ?

MM : Non, mais en fait, tu sais hier quand je t’ai expliqué comment on faisait les bébés ?

PVI : Bizarre comme quand le papa n’est pas là tu as droit à un tir groupé des questions qui tuent …

MM : Et ben en fait je t’ai dit que le papa et la maman donnait chacun une cellule pour fabriquer un bébé, ça veut dire que dans chaque personne il y a un peu de son papa et un peu de sa maman qui continuent à vivre. Donc on ne meurt pas tout à fait, on transmet une partie de soi à ses enfants.

PVI : Et hop, dans les dents.

SC : Oui, mais si moi je n’ai pas d’enfants?

PVI : Entrée directe à la troisième place des métiers possibles pour plus tard : avocat  et/ou homme politique.

MM : Euh. Oui. Bon. Mais sinon, il y a les souvenirs, tout ça.

Fin de la scène 1 

La mort, finalement, c’est pire que le sexe comme question. Parce que le sexe, en gros (ou pas) (amis geeks, bonsoir), on sait comment ça se fait, à quoi ça sert, et ce qui se passe après.

Alors que la mort, point.

La plus jolie phrase sur ce qu’est la mort ? Je crois qu’elle revient à la fille d’un ami (spéciale dédicace).
« Qu’est-ce que tu as fait ce week-end ? » 
« Je suis allée arroser mamie ». 

Voilà. C’est exactement ça, la mort.

A bientôt mes petits clous !

vendredi 4 mai 2012

Chut... Je rêve?

On dirait que j’aurais tellement d’idées de sujets à traiter sur ce blog que je ne saurais plus où donner de la tête et que je pondrais un article par jour.

On dirait que je ne serais pas qu’une vile oblomoviste sans foi ni loi, mais surtout sans foi.

On dirait aussi que vous n’avez pas cherché oblomoviste sur google.

On dirait que le soir, je ne m’endormirais pas devant des émissions télévisuelles de plus ou moins bon goût, mais plutôt moins.

On dirait qu’il ferait beau.

On dirait que les costumes des agents RATP seraient bien coupés et d’une jolie couleur, on dirait que je serais dans cet avion qui vole très loin là-haut, on dirait qu’on pourrait lire du flash sur les iPads, on dirait que les sabres lasers existeraient vraiment.

Sinon, c’est la journée Star Wars, aujourd’hui.

Bonne journée, les Jedi!

mardi 24 avril 2012

de tout petits riens

Hello mes petits clous !

Aujourd’hui, je ne vais pas vous parler de l’élection présidentielle. Si, par le plus grand des hasards, vos esgourdes submergées par les banales insanités dégueulées par vos appareils télévisuels n’ont pas encore crié grâce, si vos doigts parkinsoniens engourdis par les longues veillées sans sommeil devant vos écrans LCD 16 millions de couleurs possèdent encore des velléités de cliquer sur les absurdes truismes d’encéphalopathiques remâcheurs d’analepses idées, passez votre chemin, ici point de cela.

Ces dernières semaines, la faute aux jours de congés qu’il faut bien solder avant fin mai, sinon on les perd, et ça c’est ballot, je n’ai fait que quelques apparitions furtives sur ce blog entre une semaine au ski et une semaine à Djerba, j’aime les extrêmes. Et le soleil. (Ma peau, moins, mais c’est une autre histoire).

Ce qui est bien dans les vacances, c’est l’option club enfant. A ceux qui m’opposerait que je joue trop la carte « mère indigne » pour que ce soit totalement crédible, je rétorquerais que oui, je sais que j’aurais été une très mauvaise assistante maternelle, et que je ne fait pas ce constat de gaité de cœur mais que parfois il faut affronter la réalité en face.

Tiens les enfants. Eux aussi ils ont adoré les vacances. Surtout, dans l’ordre, les crêpes, le billard et le bonbon à l’atterrissage. Et l’expression : lâcher une caisse.

Bizarrement, celle-là, petit schtroumpf l’a parfaitement assimilée, contrairement à d’autres qu’il possède encore approximativement. Ainsi, il y a régulièrement des robots noirs qui volent dans notre jardin, j’ai besoin d’un poussin pour dormir, les schtroumpfs peuvent manger des pauvres corn devant le film, quand ils sont sages, et maintenant qu’il a pris l’avion, petit schtroumpf aimerait passer à l’étape suivante et faire du parapute. Je lui ai dit qu’il avait bien le temps et qu’en plus, s’envoyer en l’air de cette manière, ça coutait cher.

En tout cas, j’ai pratiquement épuisé mon stock de jours de vacances, je n’ai donc plus aucune excuse pour ne pas reprendre une activité régulière par ici. C’est écrit, cochon qui s’en dédit. Croix de bois, croix de fer.

A bientôt donc, pour de nouvelles aventures...

Ciao les petits clous !

mercredi 11 avril 2012

Par où il est entré... (attendre son accouchement par 9 blogueurs)



Hello les petits clous!!



Vous l'attendiez avec impatience, vous réclamiez de ses nouvelles depuis près d'un mois, "alors, c'est pour quand??"

C'est avec une immense fierté que je vous annonce donc la sortie du nouvel opus de 9 blogueurs, ce matin à 8h02, et c'est du lourd.

En effet, pour notre 9ème session, nous avons décidé de parler de l'attente de l'accouchement.

Et voici un petit extrait:







L’accouchement.

Posons de suite la problématique. Le diamètre moyen d'un vagin étant de 3 à 4 centimètres selon les mesures pifométriques de Docteur Mapomme, celui du bassin d’environ 13 centimètres, et celui d'une tête de bébé à terme de 35 à 36 centimètres au minimum, même quelqu’un qui n’a jamais eu la moyenne en cours de math peut comprendre que c’est pas gagné gagné. Pour ceux qui n’ont toujours pas compris, un célèbre proverbe ivoirien est assez proche de la vérité:  "Qui avale une noix de coco fait confiance à son anus" .


Généralement, on prend conscience de sa légèreté face à ce petit détail après la conception, lorsqu’il est trop tard pour faire machine arrière.




Pour lire ma contribution en entier, c'est par ici ... http://9blogueurs9mois.blogspot.fr/2012/04/par-moi-je-par-ou-il-est-entre.html



Pour lire tous les billets sur le blog commun, comme d'habitude, c'est par là: 









A bientôt mes petits clous!

mardi 3 avril 2012

Grande vitesse

 J'aime le train. J’ai toujours aimé le train. M’asseoir près de la fenêtre, la tête appuyée contre la vitre. Regarder.

J'y retrouve cette impression d'espace que l'on ressent parfois dans ces pays étrangers où le regard porte loin. Il y a tant à voir, la nuance ocre particulière de la terre, le lièvre surpris au détour d'un bosquet, quelques maisons alignées dans une vallée...
Des nuages, et du ciel.

Je vois...

Des banlieues, des gares de triage, des entrepôts.
Des bassins de traitement des eaux usées. Des fleuves.

Un hôtel Formule 1.
Un pont.
Loin, l'inflexion d’une colline.
Un terrain de football vide, fraîchement tondu.

Une ligne haute tension aux oreilles de chat dressées.

Des jardins ouvriers.

Une croix sur un mont, et des peupliers près de la rivière.

Un magasin Leclerc.

La cheminée en brique d'une usine et une colonne de fumée au loin.

Un éclat de givre sur l'herbe en lisière du bois. Un petit frisson me prend à le contempler.

Je vois...

Le carré parfait d'un cimetière.
La lumière.

Un toboggan en plastique vert, dans un coin de jardin. Les hommes ont disparu.

Je vois...

Un tunnel noir, un ensemble HLM aux murs écaillés.
Une maison bourgeoise, enguirlandée de lierre.
Un chemin qui part, sans fin, et je veux le prendre un petit moment.

Cette maison isolée, la blancheur de ses pierres et les taches de couleur des magnolias, j’imagine la chambre qui va avec, le lit bateau en bois, le matelas moelleux mais un peu fatigué et le couvre-lit piqueté de roses à la Aubusson.

Tout cela passe si vite, que je dois ouvrir les yeux grands grands, pour ne rien rater, pour emmagasiner des images, encore et encore, à en perdre haleine.

J'aime le train. J’ai toujours aimé le train. M’asseoir près de la fenêtre, la tête appuyée contre la vitre. Voir.

lundi 26 mars 2012

Phishing

Bonjour Très Cher,


Je suis Marielle Bakoun, originaire de la France née à Malaga résidante à Mont de Marsan dans les Landes en France. Ma famille et moi avions aménagés ici par faute de moyens depuis tout petit. J'ai perdu mes parents à l'âge de 31ans. Mon Époux est décédée, je n'ai pu donc avoir d'enfants avec lui. Je suis sans famille, et voilà que je me retrouve aujourd'hui seule, sans enfants et sans personnes.

[Bonjour Marielle, je ne savais pas que Malaga était annexé à la France, depuis quand ? D’autre part, une question me taraude : votre époux était de sexe féminin ? Ceci expliquerait peut-être que vous n’ayez pu avoir d’enfants avec lui avant sa mort tragique, vous laissant seule et sans famille ; Je constate par ailleurs que vous ne vous appelez pas Rémi et que vous ne vous baladez pas avec tous vos amis, ce qui est affreusement triste. Je prépare d’ores et déjà ma boite de mouchoirs format maxi pour la suite qui risque d’être palpitante, rien que le fait que vous soyez obligée de résider à Mont de Marsan par faute de moyen m’a fait perler les larmes aux yeux.] 

J’ai un cancer de la gorge, dont j’en souffre terriblement en ce moment. Mon médecin me traitant vient de m’informer que mes jours sont comptés vu mon état de santé très dégradé je suis donc condamné à une mort certaine. J'ai présentement épuisé toutes mes épargnes pour mon suivit Médical. Mais je dispose néanmoins des fonds destinés à un projet d'oeuvres caritatives, ces fonds sont sur un compte classé/fisc et bloqué au sein d'une banque locale. Pour toutes opérations financières sur ces fonds il me faudra tout d'abord les débloquer. Le déblocage direct de ces fonds entraîne immédiatement des taxes et les impôts exigés par le fisc Français qui sont vraiment énormes ce qui réduirait environ de moitié le capital.

[Je suis absolument navrée que vous soyez condamnée à une mort certaine, ceci est notre lot à tous, ceci dit. Il faudra que vous m’expliquiez comment vous avez pu épuiser « vos » épargnes pour votre suivi médical, sachant que lorsqu’on a un cancer on est couvert à 100 % par la sécurité sociale. Mais je m’égare, pardon. Sinon, il y a des banques locales à Mont de Marsan qui font de l’évasion fiscale ? Intéressant.] 

Ma situation matrimoniale est telle que je suis veuve, j'ai perdu mon très cher époux depuis plus de 10 ans et nous n'avons malheureusement pas eu d'enfant ensemble ce qui fait que je n'ai personne à qui léguer mon héritage. C’est pourquoi, pour débloquer mes fonds que je voudrais procéder par une donation de façon à ce qu’il n'est pas de taxe élevée sur mes fonds. Je voudrais donc de façon gracieuse et dans le soucis d’aider les démunis vous léguer ce dit héritage s’élevant à une valeur de Cinq Millions d' Euros (3.500.000€) pour vous permettre d'établir une fondation de bienfaisance en ma mémoire afin que la grâce de Dieu soit avec moi jusqu'à ma dernière demeure pour que je puisse bénéficier d'une place honorable auprès du Seigneur notre Père. Ce projet je l’ai en tête de depuis très longtemps, et comme on le dit aussi souvent l’argent ne fait pas vraiment le bonheur.

[Bien, votre époux étant décédé, vous êtes veuve. Jusque là, ça se tient. Par contre, il s’agit de 3,5 millions d’euros ou de 5 millions ? Non, parce que ça change tout. J’aime bien votre définition du « manque de moyens», au fait.] 

A ce stade de ma vie je me rends vraiment compte que l’argent ne pourra me redonner une bonne santé de fer ni m’acheter une place au paradis. Je pense donc que c’est bien le moment de me racheter auprès du bon Dieu en vous léguant ces fonds pour le bien être des autres, vu que moi je ne pourrai plus jamais m’en servir sur cette terre des hommes.

[Ah pardon, je reprends vos mots quelques phrases plus haut : « afin que la grâce de Dieu soit avec moi jusqu’à ma dernière demeure pour que je puisse bénéficier d’une place honorable auprès du seigneur notre Père ». Vous cherchez donc MANIFESTEMENT à vous acheter une place au Paradis.] 

 N'ayez vraiment aucune crainte, car bien avant de me mettre sur mon Ordinateur j'ai prié pendant plusieurs jours et nuits « « Seigneur ! Je trouve en tes volontés mes délices, je n'oublie pas ta parole, guide-moi au chemin de tes commandements, car j'ai là mon plaisir » » Pour que le Seigneur puisse m'accorder le contact d'une personne de confiance à qui je pourrai me confier c’est à la suite de cela que j'ai fais des recherches qui m'ont permis de vous contacter. Donc me confier à vous serait me confier à l’éternel vue que c’est lui qui a permit cette rencontre.

[Ah ben oui, forcément, vu comme ça. Je suis rassurée.] 

J’aimerais que vous conserviez la moitié de cet argent pour vous et le reste servira à la création d’une fondation de bienfaisance en ma mémoire ainsi qu'une fédération de lutte contre le cancer et construire aussi des orphelinats pour les enfants démunis. Je voudrais avoir les informations suivantes : Votre Nom et Prénoms ; Votre Adresse Précise ; et Votre Contact Téléphonique Permanent ; afin de les transmettre à mon Notaire pour qu'ensemble vous puissiez effectuer les démarches de la transaction des fonds.

[Attendez, je vous file direct mon numéro de carte bleue et mon code aussi, vu que c’est l’éternel qui a permis cette rencontre. Et puis non, finalement, vous n’avez qu’à lui demander ces renseignements à lui, priez donc quelques nuits supplémentaires. ] 

Il est écrit dans le Saint Livre Mathieu 7:7, que chaque chose à son temps : Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez; frappez et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. Je compte sur votre bonne volonté, et espère que vous m’ouvrirez votre cœur pour cette donation. [Mon cœur est tout à vous. Mon portefeuille un peu moins, en revanche.] Dans l’attente de vos nouvelles, recevez mes cordiales et fraternelles salutations et que Dieu vous bénisse et vous fortifie.

[Oui, bon, un tube de multivitamines ça marche aussi bien, hein]. 

Marielle Bakoun